Christophe Gregório

Camila Rodriguez Triana | « Resiliencia »

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Le Fresnoy – Panorama 21 (2019)

Conception & expertise techniques ; fabrication.



Photos © Delphine Lermite

Installation
Selon Karl Marx, les hommes font leur histoire à partir de l’héritage laissé par leurs ancêtres et qu’ils portent en eux comme un cauchemar. En 1492, l’Amérique fut colonisée. Au cours de cette colonisation, les Amérindiens ont vécu une castration violente de leur identité. On leur a inculqué que leur langue, leur croyance et leur culture étaient sauvages, tandis que parallèlement on leur en enseignait leur nouvelle culture : celle des hommes civilisés. À partir de ce moment, les Amérindiens ont intégré qu’ils étaient inférieurs et ce sentiment d’infériorité s’est transmis de génération en génération.
Dans l’installation Resiliencia (Résilience), l’artiste Camila Rodríguez Triana crée un rituel de guérison de cet héritage, rituel dans lequel elle tente de retrouver cette sagesse ancestrale perdue qui, pour elle, habite chaque homme et chaque femme latino-américain d’une manière inconsciente. Tout d’abord, l’artiste a transformé des pages de livres sur la colonisation de l’Amérique écrites du point de vue des colons : elle les a peintes avec de la terre et de la boue puis a brodé les noms de ses ancêtres avec du fil d’or. Ces noms se décomposent en leurs phonèmes pour passer d’un langage humain à un langage de symboles divins.
Une chanson composée par l’artiste accompagne chacun de ces noms: ainsi lorsqu’une chanson résonne, le nom correspondant s’illumine. Sur toutes ces pages, il y a un « Tunjo », une figure tissée faite par l’artiste en guise d’offrande aux dieux afin de demander la guérison de cet héritage.
Camila Rodriguez Triana

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